The Seven

The Seven est une série de sept martinets, chacun associé à un péché capital.

Les martinets sont fabriqués à partir de mes propres cheveux.

La collection met en tension deux réalités : d'un côté, la condamnation historique des excès humains ; de l'autre, leur transformation progressive en valeurs monétisables, devenues moteurs de désir, de consommation et de performance.

The Seven - Orgueil
The Seven

Sens de l'œuvre

The Seven ne traite pas les péchés comme des interdits religieux, mais comme des structures persistantes du comportement humain.

Les péchés capitaux ne sont plus condamnés. Ils ont été renversés, puis justifiés pour des raisons économiques.

Ce qui relevait autrefois de limites à contenir est aujourd'hui exploité comme levier de croissance, en s'appuyant sur les biais cognitifs et la captation permanente de l'attention, au détriment du temps long nécessaire à l'introspection, à la remise en question et à la construction intérieure.

Aujourd'hui :

L'orgueil

devient individualisme radical, dissolvant la responsabilité collective au profit du moi.

La paresse

devient binge-watching et distraction permanente, neutralisant l'effort, le temps long et toute transformation personnelle.

La gourmandise

devient surconsommation alimentaire, transformant le corps en terrain d'exploitation et menant à l'obésité.

La luxure

devient consommation sexuelle et addiction au porno, brouillant les limites et détruisant les relations interpersonnelles.

L'envie

devient comparaison constante via les réseaux sociaux et la publicité, produisant frustration, culpabilité et souffrance psychologique durable.

L'avarice

devient accumulation d'argent et indicateur de réussite, confondant valeur humaine et valeur marchande.

La colère

devient mode d'expression légitime, normalisant la violence et fragmentant le lien social.

Ce qui relevait autrefois de l'ascèse et de la discipline intérieure est désormais intégré aux discours contemporains — développement personnel, management, normes sociales — orientés vers des objectifs productivistes et économiques, et non plus vers la paix intérieure ou l'élévation de la conscience individuelle.

Les structures sont les mêmes. Seule la finalité a changé.

Ce qui était considéré comme nuisible à l'équilibre individuel est désormais encouragé. Nous en payons collectivement le prix.

Historique

L'idée des péchés capitaux naît dans les déserts d'Égypte au IVᵉ siècle, lorsque les premiers moines, retirés du monde, cherchent à comprendre ce qui les ronge intérieurement.

Parmi eux, Évagre le Pontique (349–399), qui codifie ce que l'on appellera plus tard la psychologie du désert. S'inspirant des stoïciens et des ermites, il cherche à identifier les mécanismes internes qui troublent l'esprit humain.

Il décrit huit pensées envahissantes : gloutonnerie, luxure, avarice, vaine gloire, colère, tristesse, acédie et orgueil. Il ne s'agit pas encore de fautes morales, mais de failles intérieures.

Cette grille sera ensuite traduite, réduite et adaptée. Au VIᵉ siècle, Grégoire le Grand ramène la liste à sept. Plus tard, Thomas d'Aquin fixe leur statut : non des actes, mais des inclinations fondamentales, capables d'engendrer tous les autres comportements.

L'Église s'en empare. L'art les représente — notamment chez Jérôme Bosch. La liste devient un pilier moral, puis une grille culturelle durable de l'Occident.

Crédits

Crâne en bronze

Crâne en bronze réalisé par : Lapincyan

@lapincyan

Manche en bois

Manche en bois réalisé par : Mon CTO parano des réseaux du projet PsychozAI (preuve indirecte de ses compétences cyber)